Tout ce bruit pour rien !
étude très sérieuse réalisée par moi-même
Il y a quelque temps, j’affirmais, non sans agacement, ceci :
“On est dans un immense réfectoire où tout le monde réchauffe le même plat dans le même micro-onde en se pensant chef gastronomique.
À chaque buzz, chaque hype, chaque grosse actu, on est sûr de partir sur des jours de pseudo analyses fades jusqu’au prochain cycle.”
Au-delà de faire étalage de mon génie (je plaisante), je cherche surtout à attirer votre attention sur le fait qu’il n’y a jamais eu autant de contenu et pourtant tout ce bruit ne semble pas dégager de qualité en quantité… (J’espère que vous avez noté le jeu de mots)
Dans cet article, l’objectif sera d’essayer de déterminer ce que coûte cette médiocrité ambiante.
Pour mener cette enquête dans la rigueur scientifique la plus absolue, je serai équipée de mon doigt mouillé et d’une blouse blanche.
En bref, ce ne sera que du ressenti basé sur mon expérience.
I - On est dans le pédiluve
Pour parler du flux de contenu actuel, la caractéristique qui me semble la plus évidente est l’absence de profondeur.
Par profondeur j’entends l’incapacité à dépasser le superficiel et le consensus pour aller plus loin et laisser un impact suffisamment significatif pour marquer votre audience.
Cet aspect vient souvent d’une démarche égocentrique, en général l’auteur se voit comme un orateur de scène et veut créer une audience élargie de fans qui adhère à son propos en réutilisant ce qui marche au détriment de ce qui manque.
Cette posture, multipliée par le nombre de personnes qui l’adopte, crée une sorte d’essaim de créateurs dont le manque d’originalité et d’approche crée un bourdonnement dense et informe qui ne génère pas grand-chose si ce n’est du bruit et beaucoup de confusion.
Le plus intéressant est que dès qu’un nouvel arrivant cherche à se faire une place dans ce brouhaha, il tente systématiquement de se joindre à ce concert de casseroles dans l’espoir, un peu naïf, que ça le démarque, ce qui n’arrivera sans doute pas.
II - Le concert de casseroles.
Bien, parlons maintenant des conséquences de cette logique.
La première est la création d’un millefeuille de confusion où chacun cherche un nouvel habillage à une ancienne idée répétée maintes fois dans une logique de fournir à son audience “le hack” qui le placera en sauveur détenteur de LA solution miracle.
On ne peut s’en prendre qu’aux thèses de copywriting rigides pour ça.
C’est le plus évident dans la nutrition où on peut entendre des coachs dire que les glucides sont mauvais, puis d’autres dire qu’en fait non puisque le problème c’est le sucre et finalement la viande est tout aussi néfaste…
Bref, vous avez compris, ça s’applique à pléthore de domaines.
Cette confusion n’impacte pas que vous mais aussi votre cible qui fait face à un brouillard de plus en plus dense qui influe sur sa façon de penser et de prendre des décisions.
Typiquement un coach sportif aura du mal à aller chercher une personne exposée à des thèses de plus en plus contradictoires et alarmantes pour lui expliquer que le processus de perte ou prise de poids est en fait très simple.
L’autre phénomène que je constate est une recherche de surenchère permanente où le trash ou la radicalité servent de moyen aux plus fainéants de se démarquer quand bien même c’est en pire.
Ces éléments sont plus vicieux parce qu’il s’agit de discours qui détruisent toute nuance et, s’ils viennent de profils à l’autorité très forte, se transforment en parole d’évangile.
Ce dernier élément est largement encouragé par les effets de la monétisation de l’attention sur les réseaux sociaux.
C’est évidemment le genre de choses qui motivent le plus grand nombre à poster et c’est super mais dans quel objectif si ce n’est farmer des vues et de l’engagement de très mauvaise qualité pour le seul gain financier.
Au final cette logique récompense les pires travers de l’humanité et amplifie davantage le négatif puisque notre esprit fonctionne ainsi.
III - Super mais c’est quoi la solution ?
Le focus mis sur le format, la plateforme ou encore l’algorithme est un faux débat.
Le problème vient surtout du fond, personne ne parle à partir de soi, de ses propres convictions.
La plupart des créateurs parlent à partir de ce qui marche chez les autres et du coup tout se ressemble.
C’est pourquoi je crois en l’inverse, c'est à partir de ce qu'on a vécu, de ce qu'on croit, de ce qu'on a traversé que se trouve la solution.
Un de mes clients était CMO, si j’avais écouté le reste des posts LinkedIn, j’aurais bâti un personnage froid et purement utilitaire en me basant sur la concurrence et les besoins de sa cible.
Mais en creusant, j’ai trouvé un personnage rare.
Un filou qui cherche toujours le bon plan, qui a l’art de la gruge pertinente. Qui s’est retrouvé endetté jeune et qui a dû tout reconstruire. Qui gère des centaines de milliers d’euros avec une feuille blanche et un Google Sheet. Qui ne vit que pour le terrain et ses réalités et qui n’a peur d’aucun défi.
Et une fois qu’on a trouvé ça, tout le reste suit, qu’il s’agisse du contenu, du positionnement, ou de sa façon de parler, tout devient clair et limpide parce que tout part du même fil rouge : un jeune bosseur et futé qui a appris à faire beaucoup avec rien.
Je m’arrête ici pour aujourd’hui mais le fin mot de tout ça, c’est qu’il faut arrêter de chercher le bon hook pour commencer à chercher sa vérité.
Prenez soin de vous,
Imane


